Février

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La vie est remplie d'éclats de lumière si on veut bien les voir!
La beauté de la nature, la créativité des humains, la tendresse des animaux et certaines pensées sont là sur ce blog pour nous le rappeler tous les matins!

5 septembre 2011

Ca tombe à pic.....comme d'habitude!

la lettre de Marie-Pier a l'art de tomber dans le mille!

«Tous les hommes font la même erreur, de s’imaginer que bonheur veut dire que tous les vœux se réalisent.»
 Léon Tolstoï

Prends une grande respiration, et fais un vœu… Chaque année, chaque journée d’anniversaire, on met des bougies sur un gâteau – une pour chaque année de vie, au début, et ensuite une ou deux par décennie – puis on nous invite à les souffler en formulant un souhait. À l’origine, il paraît que les bougies avaient pour mission de porter les vœux du fêté jusqu’au ciel.


Quels vœux avez-vous formulés les dernières fois que vous avez soufflé des bougies, Joelle? Je médite pas mal là-dessus ces jours-ci, pour ma part, puisque ce sera «à mon tour de me laisser parler d’amour» mercredi. Et je constate à quel point mes souhaits – ou plutôt leur ordre de priorité – ont changé au fil des années…

Je me souviens de la plupart des vœux que j’ai faits au fil des ans. Dans la jeune vingtaine, par exemple, c’était de trouver ma voie, car j’étais impatiente de canaliser cette énergie qui bouillonnait en moi. Ensuite, mon attention s’est naturellement dirigée vers mes divers projets du moment –, car dès que j’ai «trouvé ma voie», j’ai voulu la dévaler en courant. Quels qu’ils fussent, tous mes vœux avaient une chose en commun: leur intensité. Disons que je ne les voulais pas à moitié… Les belles visions que j’aspirais à accomplir me semblaient très, très, très, très, très, très, très, très importantes. Ai-je mentionné qu’elles me semblaient très importantes? ;-) Je les voulais plus que n’importe quoi. Elles passaient avant tout… même avant moi.

Ma vie était à l’image de mes souhaits, bien sûr. Je réalisais plein de choses, je vivais plein de très jolies expériences… mais je faisais passer mon bien-être en dernier. Je ressentais une belle satisfaction, certainement, mais une sorte de malaise m’habitait en même temps. Parfois, au moment de souffler les chandelles, une petite voix intérieure me demandait doucement: «Mais pourquoi ne formules-tu pas le souhait d’être profondément sereine et heureuse, tout simplement?» Je savais que ce serait sage, sain, logique… Mais bien que j’aimais l’idée, en théorie, mes divers objectifs me semblaient plus importants. Je ne l’aurais probablement pas affirmé aussi clairement, à l’époque, mais je voulais ce que je voulais encore davantage que je voulais être bien. En fait, je pensais qu’avoir et vivre ce que l’on désire était le bonheur! À mes yeux, les deux étaient équivalents.

Je vous ai demandé tout à l’heure quels sont les vœux que vous formulez en soufflant les bougies. Mais voici ce qui m’intéresse encore davantage, aujourd’hui: si vous deviez choisir entre réaliser votre vœu le plus cher (oui, ce vœu-là…) et être heureux comme vous ne l’avez encore jamais été, que choisiriez-vous? Dans la réalité, les deux ne sont pas mutuellement exclusifs, bien entendu… Mais imaginons que vous deviez choisir. Que mettriez-vous en priorité?

Je pense que nous sommes nombreux à mettre ou à avoir mis nos objectifs en priorité par rapport à notre bien-être, comme je le faisais. On les utilise même comme instruments de torture, parfois, en cultivant de la déception, de la frustration, ou de l’impatience devant nos projets non réalisés. Et c’est assez fascinant, quand on y pense… Car si l’on désire vivre toutes ces belles expériences, c’est bien sûr pour ce qu’elles nous apporteront: paix, amour, confiance, liberté… la joie de s’accomplir, de se nourrir, d’aider. On veut tout ce que l’on veut parce que l’on s’attend à se sentir bien lorsqu’on l’aura atteint, en fin de compte. N’est-ce pas? Chaque fois que l’on fait passer un objectif devant notre bien-être, c’est donc comme si on le faisait passer devant sa raison d’être! Ou si vous préférez: on se fait du mal, car on n’a pas encore atteint la chose qui est supposée nous faire de bien… Ils sont fous ces humains! ;-)

Nos aspirations sont merveilleuses, et importantes, bien sûr. Mais on s’y habituera… on s’habitue à tout. On s’habituera même à notre plus grand rêve, quand on le vivra. Et c’est très bien ainsi, car la satisfaction éphémère que nous procure l’atteinte de ces buts n’a jamais eu rien à avoir avec le bonheur, de toute façon. Le seul bonheur digne de ce nom est celui qui vient de notre alignement intérieur, de l’amour qui nous habite. Nos projets sont supposés être le crémage sur le gâteau… Rien de plus, rien de moins. Ce sont les moyens que l’on utilise pour exprimer et partager notre bien-être – non pas pour le créer. Or, nous tentons souvent de faire notre gâteau à l’envers, si je peux dire: le crémage au centre, et le gâteau à l’extérieur. On pense à notre objectif en premier, en se disant que l’on s’occupera d’être heureux ensuite. Ou plutôt, notre objectif s’en occupera, lui. Évidemment, ça ne se tient pas la route…

Je suis enchantée des choses que j’ai réalisées et des occasions que je me suis créées tout au long de ma vie. Je continue et continuerai de m’accomplir ainsi – car j’ai encore une grrrrrande variété de vœux, d’intentions, de visions, de projets… En fait, ils sont même de plus en plus nombreux, au fil du temps! Ce qui a changé, c’est que je les ai juste remis à leur place… Ou plutôt: j’ai repris la mienne, au coeur de ma vie. Car voyez-vous, j’ai compris, au fil des ans et des anniversaires, que je suis très, très, très, très, très, très, très, très importante, moi aussi. Et j’espère que vous pouvez ressentir en me lisant à quel point vous l’êtes, vous aussi.
1, 2, 3… Allez, prenez une grande respiration, et soufflez!

Marie-Pier

Pour vous abonner à la lettre de Marie-Pier:    http://www.matinmagique.com/hebdo.html

2 commentaires:

Valmu a dit…

« Il n'y a point de chemin vers le bonheur : le bonheur c'est le chemin. » Lao-Tseu

Cela rejoint très bien tout ce qui est dit et très bien dit plus haut. D'ailleurs, réaliser un rêve, n'est-ce se condamner à en trouver un autre? Alors, autant profiter du paysage le long de la route qui nous y mène.

michele a dit…

Le bonheur a de multiples facettes: être bien avec soi en est une, à mon avis, des plus importantes. Nous sommes tous en quête du bonheur en oubliant parfois que comme le dit Arnaud Desjardins: "Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous avons."
Gros bisous