Eté

Eté
La vie est remplie d'éclats de lumière si on veut bien les voir!
La beauté de la nature, la créativité des humains, la tendresse des animaux et certaines pensées sont là sur ce blog pour nous le rappeler tous les matins!

27 octobre 2011

Le corps comme métaphore

Par la maladie nous nous parlons à nous-mêmes, nous prenons notre corps à témoin, et la douleur, la lésion, sont l'exact reflet des émotions que nous ressentons. Le sentiment devient sensation : ça nous démange, ça nous ronge, c'est une douleur sourde, mais qu’est-ce qui nous démange, qui est-ce qui nous ronge, et à quoi cette douleur est-elle sourde ? Nous souffrons sans savoir pourquoi, comme s'il nous manquait les clés.


Ce livre a été écrit, afin que ceux d'entre nous qui sont dans la douleur retrouvent leur clé personnelle et voient s’ouvrir enfin une porte, car chaque maladie contient en elle-même le germe de sa propre guérison. Quand nous écouterons notre corps comme un langage, la maladie nous parlera. Elle ne sera plus cette méchante dame que nous devons combattre à tout prix, elle deviendra un dialogue avec nous-mêmes. Et à travers ce dialogue, nous découvrirons que derrière l'ennemie se cache en réalité une amie qui cherche à guérir les plaies de notre âme.
 


Le corps comme métaphore


PHILIPPE DRANSART

De l'effet de "renommer" les choses dites, la maladie "objet":

"Docteur, je me sens comme la tête prise".. Le médecin classique note: Céphalée. Il aurait pu lui répondre "Qu'est-ce qui vous prend la tête Et cette simple question aurait suffi pour souligner le lien entre le symptôme et ce que ce symptôme signifie.

Nommer le symptôme dans un terme médical revient à créer de toutes pièces, comme artificiellement, une entité, l'entité "maladie". Cet entité devient un objet que l'on va pouvoir décrire de façon "'objective", mesurer de manière quantifiable (par la biologie etc..), comparer aux entités similaires, classifier, et pourquoi pas, y mettre son nom à la postérité, bref, en faire une réalité en elle même, avec toute une série de moyens objectifs pour appréhender cet objet, que l'on appelle ""maladie".

Certes il existe des entités nosologiques. Mais de cette transposition du discours du patient en langage médical va résulter une approche dite "objective", qui va évacuer le subjectif.. même la douleur est quantifiable, certains auteurs proposent des "échelles" pour l'évaluer. Et en évacuant le subjectif, on perd ce qui, dans le discours du patient, est pour lui "signifiant".

 Prendre son corps à témoin

Le corps comme métaphore d'un malaise

Or, dans les deux cas, ce qui intervient, c'est le fait de -nommer":

D'un côté le malade *"nomme" son malaise en utilisant son corps comme l'un des termes du langage, à travers non seulement les sensations, mais aussi le lieu où cela se produit, tout comme les modalités et les concomitances.. Son corps, il s'en sert comme d'une métaphore, dans une manière de se parler à lui même, comme s'il prenait son corps à témoin, en une sorte de discours intérieur.

De l'autre, son médecin (classique) se laisse enfermer dans une démarche similaire, en mettant un nom de maladie sur ce "malaise somatisé", en déplaçant une seconde fois les choses de manière à lui présenter la maladie comme une entité extérieure à lui même, ce qui conforte la démarche du patient, et transforme la maladie en un "combat"".

Précisons cette idée de "métaphore" par un exemple: C'est l'histoire d'une patiente porteuse d'un eczéma, elle me disait "'Ca me démange, ça me démange".. et j'en ai eu tellement assez de m'entendre dire cela pendant toute la consultation que j'ai fini par prendre une feuille, j'ai noté en gros caractères "CA - ME DEMANGE", avant d' entourer le "'CA" et de lui dire, "Qu' est-ce donc que ce "CA" ?".. Et cette "coupure" dans son discours lui a permis brusquement de prendre conscience de ce "ça" qui la démangeait.. Trois jours après elle n'avait plus d'eczéma..

Ne généralisons pas cela à tous les eczémas.. Chez elle, ce qui m'avait frappé c'était son insistance, tout au long de la consultation, à me répéter cette même phrase.

D'après le Petit Robert, la métaphore est un "Procédé de langage qui consiste en une modification de sens par substitution analogique (usage d'un terme concret dans un contexte abstrait)". Tout se passe comme si le malade usait de son corps comme d'une métaphore prise dans son discours intérieur, un peu comme s'il prenait son corps à témoin.. mais du coup, le sens est modifié et le discours devient incompréhensible....

Lire la suite sur:  http://www.homeoint.org/ehhds/rec26/dransart.htm

 Le sens des lieux, très bref survol:

Afin de vous donner un très court aperçu, je vais essayer de résumer tout ce développement en quelques mots:

La tête est ce qui dirige, elle a besoin de lucidité et de froideur, mais quelquefois l'émotion remonte et déborde la raison, ça nous "prend la tête"..

Par la nuque descend l'idée, qui rencontre l'énergie du souffle et du coeur pour devenir un désir qui s'exprime, soit par la parole du larynx, soit par l'action qui va se projeter dans le monde extérieur par les épaules, où l'on va trouver soit aide (on est épaulés), soit blocage.

Le membre supérieur va parler de l'action, à travers le coude qui prend, qui donne, et qui se plie aussi, quand il faut plier. Le poignet procure à la fois souplesse et fermeté, dans un juste dosage, sur lequel s'appuiera l'habileté des mains et la dextérité des doigts.. J'abrège bien sûr.

La colonne est ce qui nous permet de tenir debout face à la vie, et quelquefois de prendre des coups par derrière..

Les membres inférieurs vont nous permettre d'avancer mais aussi d'aller vers les autres, d'entrer dans une relation, personnelle ou sociale, c'est l'histoire de l'enfant qui se redresse et découvre le monde..

Sur les hanches nous prenons appui, et quelquefois cet appui nous manque, un peu comme dans l'épaule, mais la hanche est plus facilement sensible à la trahison. Le genou nous rappelle que pour avancer il nous faut plier, quelquefois jusqu'à mettre un genou à terre et surmonter notre orgueil.. La cheville imprime la direction à prendre, le pied par le talon dit notre assise, et par les orteils avance dans ce monde relationnel avec plus ou moins de conviction.

Le coeur est ce qui nous anime, et dans ce système coeur vaisseaux, nous sommes corps et âme tout "entiers" dans nos entreprises, dans nos réactions, dans cet investissement artériel et dans ce manque de "retour" veineux.

Le souffle, c'est la vie, la joie de vivre et de respirer, c'est aussi le rythme, savoir se reposer, souffler, c'est enfin l'espace qui quelquefois nous manque, c'est cet échange par lequel nous respirons cet air de notre ennemi dont il faut nous protéger.

Par le manger et le boire, nous assimilons le côté matériel comme émotionnel de nos expériences de vie, nous croquons la vie à pleines dents ou bien, ça nous reste sur l'estomac, à moins que la vésicule ne vienne nous dire que cette expérience là est un peu %%grasse" et lourde à digérer. Le grêle discerne et trie, le foie veut faire "sien" toutes ces choses, posséder dans un désir quelquefois boulimique et dangereux de certaines expériences de vie qu'il aurait fallu éviter avec sagesse.. Le colon élimine au prix d'une alchimie laborieuse qui lui permet de renoncer à des choses passées.

Le pancréas nous parle de la douceur de vivre et cette notion là elle aussi nous aide à digérer. La rate est un cimetière lieu de toutes les nostalgies (spleen), mais aussi du retour à la terre et du sens de ce qui se passe sous cette terre..

Les reins balancent, pèsent le pour et le contre et décident, mais ils aident aussi à faire face à la vie à travers les "reins solides" de la colonne lombaire, comme à surmonter les peurs grâce aux surrénales. Puis se rejette cette émotion usée, par la vessie à travers laquelle l'animal que nous sommes veut définir son territoire, et gare à l'intrus qui le pénètre (Staphysagria).

La place du système glandulaire n'est pas indifférente.. L'iode de la thyroïde est cette couleur violette qui unit le bleu du ciel et de la pensée sereine au rouge de l'émotion et du sang par lequel nous nous incarnons, et par elle s'équilibre l'action et le retrait.. Situées sur les reins, les surrénales peuvent instantanément mobiliser toute cette énergie pour faire face..

La peau est prise de conscience, enveloppe qui définit cette limite entre moi et non moi, ce contact avec l'autre, mais aussi elle donne à voir, elle est ce que l'on aurait aimé cacher et qui s'expose non sans honte..

Tout le système génital bien sûr nous parle de sexualité, de cette relation intime à l'autre, mais aussi du rapport avec nos enfants, de notre capacité à être père ou mère, mari dans sa puissance ou femme dans son accomplissement.

Tout le corps nous parle, et c'est une très belle histoire..

PHILIPPE DRANSART, Grenoble
Enseignant à l'E.H.H.D.S.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai entendu parler de ce livre,il faudra que je le lise,ne serait-ce que pour comprendre l'ennemi,je vend de la chimie depuis plus de quaranre ans pour l'eradiquer!grosses bises...francoise