Février

Février
La vie est remplie d'éclats de lumière si on veut bien les voir!
La beauté de la nature, la créativité des humains, la tendresse des animaux et certaines pensées sont là sur ce blog pour nous le rappeler tous les matins!

21 septembre 2012

Nymphée La grotte aux coquillages Viry-Chatillon






la grotte aux coquillages

domaine du Piédefer- Viry-Châtillon


De sublimes coquilles Saint-Jacques, un parterre de moules, des conques et des bigorneaux jaunes qui se mélangent à des ormeaux de nacre. Un alléchant plateau de fruits de mer… mais rien à y manger car ces milliers de coquillages sont… vides. Ils servent de décor au nymphée, surnommé la Grotte aux coquillages, vestige de la fin XVIIe- début XVIIIe siècle, situé au cœur du domaine de Piédefer à Viry-Châtillon.

 Afin de mettre en valeur ce patrimoine pour le moins original, le lieu est ouvert aujourd’hui au public et le sera plusieurs samedis jusqu’à fin septembre.

La construction de la salle voûtée daterait de 1674, mais son ornementation de rocaille aurait été constituée après 1692. A cette date, la fortunée Madame Despinville, déjà propriétaire de terres à Viry et de propriétés à Chamarande, achète le domaine de Piédefer. Son frère, Michel Poncet de La Rivière, évêque d’Uzès (Gard), aime y séjourner. Après des travaux dans le jardin à la française, dont une partie subsiste encore, il se met à décorer la grotte de coquillages et de rocailles.

Si le décor paraît aujourd’hui kitsch, il était à la mode à l’aube du XVIIIe siècle. Louis XIV avait lui-même un nymphée dans le parc du château de Versailles. Créatures mythologiques subalternes associées aux sources, aux bois et aux montagnes.

Un intérêt qui prend sa source dans la mythologie romaine. Une nymphe, proche de la déesse de la Chasse Diane, était poursuivie par le lubrique Pan. Pour lui échapper, elle serait réfugiée dans une grotte naturelle où elle se serait transformée en source d’eau. Dans les maisons antiques, des sanctuaires à la nymphe — des nymphées — voient alors le jour, cernés de cygnes et de coquillages pour rappeler l’eau. Tombés en désuétude, les nymphées furent remis au goût du jour par la Renaissance italienne et les maisons bourgeoises, de France, mais aussi de Pologne ou d’Italie s’en dotèrent à nouveau.

A Viry, ce temple du coquillage sert alors de lieu de rafraîchissement. « Les invités se promenaient dans le grand jardin puis venaient se mettre à l’ombre dans cette pièce fraîche et observaient les coquillages », note Sylvie Joubert, la responsable des archives de Viry-Châtillon. Car le lieu, classé monument historique en 1983, s’apparentait aussi à l’un de ces cabinets de curiosité propres au XVIIIe siècle. Ainsi, de nombreux coquillages ont été rapportés lors d’exploration dans les îles. Ce n’est que bien plus tard que le lieu prendra une vocation religieuse comme en témoigne sa forme de chapelle.

En 1929, le domaine est racheté par la mission des pères du Sacré-Cœur pour en faire un lieu d’enseignement. Jusqu’en 1992, date à laquelle la mairie en devient propriétaire, la grotte sera… la chapelle aux coquillages. Dans ce lieu préservé grâce à un éclairage doux et une température basse, vous verrez donc des coquillages en forme de croix à des ormeaux biscornus pendant au plafond en passant par des coquilles Saint-Jacques ciselées en forme de feuilles, sous l’œil bienveillant des cygnes entourant la fontaine.
 
http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/trois-siecles-d-histoire-dans-la-grotte-aux-coquillages-04-08-2012-2112846.php

Aucun commentaire: