Février

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La vie est remplie d'éclats de lumière si on veut bien les voir!
La beauté de la nature, la créativité des humains, la tendresse des animaux et certaines pensées sont là sur ce blog pour nous le rappeler tous les matins!

5 septembre 2014

La rentrée des classes


J'ai fait ma première rentrée des classes en 1964 et j'avais 2 ans et demi. Ma mère était institutrice et elle avait été nommée aprés ma naissance dans un petit village de campagne au nord de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, à Gayan.
A l'époque, l'école se trouvait à droite de la mairie, et le logement de l'institutrice à gauche. Il n'y avait même pas de salle de bain, et les WC étaient au fond du jardin!
Ma mère avait une classe unique avec 54 enfants, allant du niveau CP au niveau certificat d'études. Comme il n'y avait pas de maternelle, elle m'a mise dans sa classe avec les petits du CP. Elle avait fait la même chose avec mon frère des années auparavant.
La classe ressemblait un peu à ça:


Un poêle à charbon que les grands devaient remplir le matin en arrivant, un grand tableau noir, et des tables en bois comme celles ci-dessus, que ma mère avait regroupé selon les niveaux.
En classe, ce n'était plus ma mère, c'était: "Maitresse" et comme les autres j'ai vite appris à lever la main pour m'adresser à elle.
 Au début, elle me faisait faire des dessins, et comme elle me l'a dit plus tard, elle s'amusait de me voir prendre un crayon dans chaque main. J'étais gauchère, mais elle m'a laissé faire sans se douter que , sage comme une image, tout en dessinant, j'écoutais bien ce qu'elle apprenait aux autres enfants de CP.
Du coup comme dans le film de Pagnol, un jour, elle posa une question pour laquelle il fallait aller écrire au tableau. Et j'ai levé la main pour pouvoir le faire. Ma mère m'a laissé faire. Il parait que je suis restée devant le tableau, hésitant un moment, pour savoir dans quelle main j'allais prendre la craie!
Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque , enfin décidée pour la main que les autres enfants employaient, j'écrivais la réponse au tableau. J'avais appris à lire et à écrire en écoutant les autres. Du coup, ma mère m'intégra complètement dans le cours du CP. Et c'est comme ça, que je devins ambidextre!
Le livre de l'époque, était : "Rémi et Colette". Combien d'enfants ont du apprendre à lire et écrire avec ce livre?


Je regarde toujours dans les vide-greniers ou chez les bouquinistes si j'en trouverais un exemplaire, mais je n'en ai jamais retrouvé. J'en ai trouvé d'autres, assez anciens aussi, mais pas celui-là!








 L'époque où contrairement à la méthode globale, on apprenait encore que B et A font BA....
B et O font BO... et ainsi de suite! Toujours est-il, que tous les élèves du CP finissaient l'année en sachant lire, écrire et compter!!!!
Et tous les élèves de ma mère avaient leur certificat d'études, car elle ne ménageait pas sa peine pour faire travailler le soir aprés les cours, ou le jeudi (ce n'était pas encore le mercredi) les élèves qui avaient un peu plus de difficultés.
Pour mon frère et moi, le résultat, fut que nous avions deux ans d'avance!
Lorsque l'année suivante, ma mère fut nommée en ville, on accorda à mon frère qui avait 4 ans de plus que moi, ses deux ans d'avance, par contre pour moi, on en accorda qu'une seule, et on m'obligea à faire la dernière année de maternelle alors que j'avais déjà le niveau CP!
Ce fut une grosse erreur, car je m'ennuyais tellement en classe de maternelle, que ça me dégouta de l'école pour le restant de mes jours. Je dus refaire ensuite une classe de CP où je savais déjà tout et même si j'étais première de ma classe jusqu'à la fin du collège, j'avais appris à détester l'école et la façon dont on enseignait aux enfants. Pour moi, ce n'était jamais assez!
L'aspect positif de tout ça, c'est que je devins trés vite autodidacte dans bien des domaines, culture, sport, travaux manuels... pour combler le vide de l'apprentissage scolaire. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main, surtout chez ma grand-mère en Vendée, dont les gouts étaient assez éclectiques, car à la maison, nous n'avions le droit que de lire les classiques!
Et ça, je le suis restée toute ma vie!


Ma mère, en visite dans une école-musée qui lui rappelait ses premières années d'enseignement à la campagne. 
Elle fut une institutrice extraordinaire, et bien d'anciens élèves gardent d'elle un souvenir bien particulier et un grand attachement.
Personnellement je la remercie pour m'avoir appris à APPRENDRE!

9 commentaires:

janik biancardini a dit…

Rémi et colette ,moi ce furent mes compagnons de lecture.
Mes grand-parents , gardiens dans un groupe scolaire je suis allée à la maternelle où j'apprenais la méthode globale, et en rentrant au CP la méthode Boscher, je garde un très bon souvenir de l'école primaire.
Merci de ce souvenir.

ANNE a dit…

Analogies :Ma grand-mère était institutrice àau nord de Tarbes, sa soeur aussi, j'ai connu certains de ces livres..................bon courage!

la cocotte de kiev a dit…

Merci pour cette petite parenthèse nostalgique. quelques fois les bonnes vieilles méthodes ont du bon, dommage de tout changer alors qu elles ont fait leurs preuves
biz
la cocotte de kiev

iris a dit…

hello
tu es charmante toute petite
on retrouve ton visage
moi je ne me souviens pas des
livres d'école
par contre à la maison je lisais
aussi tout ce que je pouvais
si tu vas sur mon blog
j'ai mis une photo de moi à l'école
j'en ai d'autres mais elles sont très abimées
bon courage
tendresse
edith

Valmu a dit…

C'est amusant, ma mère était aussi institutrice dans un petit village. La classe ressemblait à cela en effet, avec un gros poêle à charbon sur lequel on faisait exploser les châtaignes ;-)
Je n'ai pas été dans sa classe avant le CP mais je me rappelle que je faisais les exercices des 3 années auxquelles maman donnait cours. Cette petite avance m'a bien servi un peu plus tard quand j'ai dû changer d'école ;-)

filmagique a dit…

ouh je suis toute émue ... la salle de classe ressemble tellement à la mienne ... et le livre de lecture ... et oui c'était naguère ou plutôt jadis maintenant ... lol
merci pour ces belles images de nostalgie ! biz

Isabelle Debat a dit…

quels beaux souvenirs , merci de ce partage
biz isa

Nadezda a dit…

Un bel hommage à ta maman. Courage !

Je t'embrasse !

Anonyme a dit…

je t'ai reconnue sur la première photo... ce qui n'est pas toujours évident
ta maman avait l'air d'aimer l'enseignement, bravo à elle , car moi je me souviens d'une maitresse qui m'a frappé parce qu'elle avait de mandé un trait à main levé( en cp) , ce que j'avais fait, mais il etait tellement parfait qu'elle a cru que j'avais tiré la régle...
puis une autre en CM qui nous faisait passer des heures à genoux sur une regle carree. ou nous faisait reunir nos doigts et frappait avec la meme regle. heureusement ce genre de manière est devenu interndit de nos jours . ah la méthode nous faisait tenir a carreau! mais c'etait pour un oui ou pour un non... Mme Maynard... je n'en souviendrai toujours de cette tortionnaire.
ma classe ressemblait à la tienne au niveau structure mais on n'avait que deux niveaux pour chaque maitresse. et nous étions 30 à 35 élèves par classe.
je n e me souviens que de la méthode bausher... et plus tard du livre du petit chevreau AMADOU... une petite aventure a lire chaque jour et j'avais hâte de savoir la suite , je lisais avant la classe
mon fils ainé aussi a perdu sa scolarité avec une directrice bornee qui ne s'en tenait qu'à la date de naissance. il est du 11 avril et elle me l'a mis avec des enfants de parfois 1 an plus jeune alors qu'il savait lire et ecrire avant le cp, elle lui a fait perdre son temps et du coup la scolarité a été en dent de scie sans la soif d'apprendre qu'il avait alors je lui en ai toujours voulu, et maintenant quand je la vois car elle est dans mon cercle ''d'amis'' elle me dit tu m'en parles à chaque fois! ben oui j'ai été traumatisée par les oeillères qu'elle avait mises.
bonne journee ma belle encore trop chaude pour nous. bisous. kris