Eté

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La vie est remplie d'éclats de lumière si on veut bien les voir!
La beauté de la nature, la créativité des humains, la tendresse des animaux et certaines pensées sont là sur ce blog pour nous le rappeler tous les matins!

13 novembre 2014

Le deuil

 Briser les oublis, les non-dits

Le « bilan »global de la guerre est connu et enseigné mais le bilan individuel des combattants reste méconnu.
D’abord l’expérience personnelle, inscrite dans les corps.
Rares sont les témoignages où l’on reconnaît, où l’on raconte qu’on tue, comme Blaise Cendrars qui décrit le nettoyage des tranchées (La main coupée, 1946). La haine de l’ennemi est très présente dans les journaux de tranchées, de nombreuses armes non réglementaires ont été retrouvées (cf musée de l’Historial) et la seule trêve des combattants attestée est celle de Gallipoli en 1915 pour évacuer les corps dans le « No man’s land ». Il n’y a pas de preuve des trêves de Noël, seulement des accommodements pour les corvées d’eau.
Les dégâts causés par les blessures sont sous-estimés. Plus de la moitié des 70 millions d’hommes mobilisés ont été blessés. En France plus de 3,5 millions de blessés, plus de 100.000 soldats ont été touchés trois ou quatre fois.
La chirurgie a fait de grands progrès pour la reconstitution des visages (cf Sophie DELAPORTE, Les Gueules cassées. Les blessés de la face de la Grande Guerre, 1996), de même la transfusion sanguine. Mais le taux de survie des blessés est très inférieur à celui des guerres napoléoniennes. Des cadavres de soldats ont été retrouvés les doigts coupés, dévorés de douleur par les blessés eux-mêmes.
Dans la Somme, le 1° juillet 1916 il y a eu plus de 20 000 morts en un jour, on estime qu’un tiers aurait pu être sauvé par une évacuation.
La sexualité des combattants est un autre domaine d’étude, à travers les graffiti retrouvés sur les parois de grottes.
La Première Guerre mondiale fut une hécatombe en Europe, 9 à 10 millions de morts, 17 % des mobilisés en France sont morts (22 % pour les officiers, notamment les capitaines), 15 % des mobilisés en Allemagne. Soit 900 morts français par jour, 1 300 allemands, c’est pour les pertes militaires plus que la Seconde Guerre, sauf pour l’URSS.
Les souffrances morales sont extrêmes. 1/7° des lits sont occupés par des soldats qui souffrent de troubles psychologiques, de traumatismes : les cris des blessés et mourants, les copains irregardables…L’Arrière aussi connaît ces souffrances : l’angoisse du retour, l’attente du courrier, les épouses qui ne reconnaissent pas leur mari, les enfants qui fuient devant leur père. La surmortalité des personnes âgées ne s’explique pas que par les restrictions, il y a selon J. WINTER une part due au choc psychologique devant les souffrances endurées par la jeunesse. La guerre inverse l’ordre normal des générations exposées à la mort.
Dans les zones occupées, la Belgique, une dizaine de départements français, des atrocités ont été commises, dès décembre 1914 une commission d’enquête existe. Il y a des camps d’internement, de concentration. Ces atrocités ont lieu sur tous les fronts, avec l’avancée des troupes. L’épuration ethnique menée contre les Arméniens a été oubliée après le conflit.
On peut parler de « défaites de la mémoire ».
Source: http://hist-geo.ac-rouen.fr/doc/cfr/fpgm/fpgm.htm













Mémorial de Douaumont: L'inauguration










2 commentaires:

iris a dit…

hello
on vas de découvertes en découvertes
on ne nous a pas tout tout dit
cette semaine sur France Culture
c'est l'après guerre
les femmes , les enfants , la famille
le refus des naissances
les pensions de veuves de guerre
il faut faire attention à ce que Blaise Cendrars a pu écrire
il avait tendance à exagérer
tu as fait un beau reportage
et dire q'ensuite il y a eu la grippe Espagnol (18 )
qui as fait encore plus de morts que la guerre , mais dans le monde entier
à bientôt
bisous
edith

Fenninger Hélene a dit…

Très bel épitaphe...