Pâques

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La vie est remplie d'éclats de lumière si on veut bien les voir!
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22 décembre 2017

Les gens toxiques

Cet article publié juste avant les fêtes de Noël, et réunion 
de famille, va peut-être vous paraitre déplacé en ce moment de fêtes, et pourtant...
Noël est , avant tout , une fête de famille, mais c'est aussi un cliché pour beaucoup de gens qui redoutent ce moment, justement parce qu'ils ne vont pas pouvoir échapper à la famille, et certaines réunions ne vont pas être aussi chaleureuses qu'on voudrait bien le croire. 
Alors pour tous ceux, pour lesquels, l'arrivée de Noël est un cauchemard, rempli de peur, de rancunes cachées, de non dits et de solitude affective, soyez rassurés, vous n'êtes pas seul!
Véronique Moraldi a consacré son livre aux relations mère-fille, mais on peut appliquer e qu'elle dit à toutes les relations "toxiques", surtout en ce moment, où l'énergie ambiante accentue les remises en question, exacerbe les tensions, et fait tomber les masques. 
J'espère que et article vous aidera à ne plus culpabiliser de ce que vous ressentez envers votre mère, votre père, votre famille en général et tous ceux que vous devez cotoyer au quotidien. Oui, il y a des gens toxiques, ils existent, et il faut apprendre à se protéger d'eux, parce que vous ne les changerez pas!

Un parent laisse toujours une trace indélébile sur son enfant. Mais qu'en est-il de ceux élevés par une mère dominante, jalouse ou intrusive ? Décryptage avec la thérapeute Véronique Moraldi.

Certaines femmes endossent le statut de mère lorsqu'elles donnent naissance, mais sont incapables d'assumer le rôle dans la pratique. D'autres encore, que l'on rassemble sous les expressions «mères toxiques» ou mères «poisons», aiment «mal». En cause ? Leur histoire personnelle et leur psychologie, bien souvent. Elles deviennent alors de réels boulets accrochés aux pieds de leur(s) enfant(s), les empêchant parfois de se construire. Doivent-ils alors couper les ponts pour survivre ? Faire avec en se protégeant ? La thérapeute et auteure Véronique Moraldi (1) analyse ces rapports et donne des clés pour vivre avec une mère qui nous nuit.

Comment définir ces mères et à partir de quand pouvons-nous affirmer qu'elles nuisent à leur(s) enfant(s) ?

Véronique Moraldi.- Une mère nuisible est un parent qui n'autorise pas son enfant à exister. Il y a différents profils, comme la mère intrusive, celle qui est autoritaire, la défaillante, la jalouse, la dominante... Souvent, cela découle de leur propre histoire personnelle. Elles ont pu manquer d'amour maternel et ne peuvent pas donner ce qu'elles n'ont jamais reçu. Certaines sont trop narcissiques pour satisfaire les besoins d'un autre être. D'autres encore n'ont simplement pas la maturité pour élever un enfant. Il faut accepter que certaines femmes sont incapables d'être mères. Elles nuisent à partir du moment où elles ne respectent pas les désirs de l'enfant. Le terme «mère toxique» n'est d'ailleurs pas anodin. C'est comme s'il s'agissait d'une substance nocive pour la santé.

Nuisent-elles davantage à une fille ou à un garçon ?

Les manifestations du problème sont différentes selon le sexe de l'enfant. Entre mère et fille, il y a manifestement rivalité. La fille doit prendre sa mère comme modèle, mais malgré tout être différente. On lui demande en quelque sorte de "faire du nouveau avec du même". Parce qu'elles ont le même sexe, la mère projette sa propre personnalité sur sa fille, ce qui rend le rapport plus difficile à vivre, qu'entre un fils et sa mère. Avec un garçon, on observe surtout des exemples de mères castratrices et extrêmement dominantes.

Quelles sont les conséquences de cette relation ?

Pour une femme, il sera très difficile de trouver le bon partenaire. Elle pensera qu'elle n'est pas digne d'être aimée et accumulera les mauvaises relations. Chez l'homme, la vision du féminin sera ravagée et il pourra être difficile de côtoyer des femmes. Sur le long terme, les garçons survivent d'ailleurs plus difficilement à ce genre d'emprise. Les femmes trouveront une rédemption à travers la maternité, ce qui n'est pas le cas de l'homme, dont la paternité n'est pas "directe".

Comment se protéger de ces rapports ?

D'abord, en évitant de la voir trop souvent, en la mettant à distance de notre vie. On peut le faire géographiquement, mais aussi en choisissant de filtrer les informations qu'on lui donne. Son impact nocif sera amoindri. De façon concrète, on peut avoir recours à ce que l'on appelle «la restitution symbolique». On place dans une boîte les phrases assassines prononcées par la mère, et on lui envoie par courrier avec une lettre explicative. La démarche revient à dire «je te rends cela». Il est nécessaire de le faire, sinon on y laisse sa force vitale, cela peut même créer des maux physiques, on peut somatiser. Si la toxicité de la mère se manifeste au cours d'une discussion, il est possible de la contrecarrer en lui exprimant ce que l'on ressent face à ses dires. Elle n'a pas toujours conscience des blessures émotionnelles causées. Il faut aussi faire le deuil de ses attentes d'enfant, car la mère toxique ne changera sans doute pas. Enfin, le meilleur conseil que l'on peut donner est de tenter de ne plus la voir comme une mère, mais comme une simple femme. De cette manière, ses dires auront moins d'impact et on pourra prendre du recul. Pour ce faire, connaître son passé en se renseignant auprès des proches est essentiel. Avant d'être une mère, c'est une femme avec toute sa complexité.

Faut-il aller jusqu'à couper les ponts ?

C'est une solution extrême, mais cela peut s'avérer nécessaire, voire même vital. Tout dépend du degré de gravité de la situation avec la mère. Si l'on ressort à chaque fois «massacré» d'un moment passé avec elle, il vaut mieux l'écarter de sa vie. Il faut juste s'assurer de ne pas éprouver de regrets, de culpabilité. Idéalement, cette coupure ne doit pas être définitive, elle peut être une pause dans la relation. Bien souvent, c'est très bénéfique, cela remet les compteurs à zéro. Une mère est irremplaçable mais il est possible de trouver un «tuteur de résilience», à savoir une personne qui se substitue à la mère.
À l'inverse, y a-t-il des comportements à éviter ?
Il ne faut pas essayer de lui trouver des excuses, mais simplement tenter de la comprendre, elle et son passé. On ne doit pas culpabiliser non plus : ce n'est pas de la faute de l'enfant si la mère n'a pas été à la hauteur de la tâche. Il est déconseillé également de lui faire des reproches de façon très frontale et de rentrer dans son jeu. Mieux vaut opter pour la «restitution symbolique».

Sommes-nous voués à être un parent nuisible quand on a soi-même eu une mère de ce type ?

C'est un risque avéré si l'on n'a pas pris conscience de la toxicité de sa mère. Toutefois, ce n'est pas une fatalité. La plupart des personnes élevées dans ce schéma ne le reproduisent pas. Au contraire, ils ont à cœur de prendre le contre-pied et d'être un «bon parent», très à l'écoute de leurs enfants. D'une manière générale, on peut tout à fait s'en sortir malgré les séquelles. Ce genre de relation crée souvent des personnalités fortes, des battants dans la vie.

 Véronique Moraldi est auteure de La Fille de sa mère : de la difficulté des rapports mère-fille, Éd. de l'Homme, 24 €.

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