Pâques

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La vie est remplie d'éclats de lumière si on veut bien les voir!
La beauté de la nature, la créativité des humains, la tendresse des animaux et certaines pensées sont là sur ce blog pour nous le rappeler tous les matins!

23 janvier 2018

Avant les réfugiés c'était nous! Part 3

La France a accueilli 10 000 Syriens depuis 2011 sur les 5 millions qui ont fui leur pays.





Mais en 1940, combien de réfugiés?



Sous l'effet de la terreur provoquée par les troupes allemandes, la fuite fut un phénomène de masse affectant une grande partie la population du nord de la France, de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg. Des habitants des villes se réfugient temporairement dans leur famille ou chez des connaissances dans villages environnants, d'autres s'enfuient dans les régions du sud.

En quelques semaines, de huit à dix millions de personnes s'enfuient de Belgique, des régions du Nord puis de l'Île-de-France et du Centre vers le Sud de la France, emportant avec elles de maigres bagages. Ce fait eut lieu dès l'invasion de la Belgique en mai 1940 mais a été précédé, dès l'automne 1939, de l'évacuation de civils de l'Est de la France. De la Belgique, puis du Nord ou du Pas-de-Calais, de nombreux civils fuient d'abord vers Paris puis vers le Sud-Ouest du pays.
Au total, de huit à dix millions de personnes s'exilèrent, soit près de 1⁄4 de la population française de l'époque. Le gouvernement français (Gouvernement Paul Reynaud) s'était enfui de Paris dès le 11 juin 1940 pour gagner Bordeaux le 14 juin 1940.
L'exode implique un nombre important de familles dispersées. Tous les enfants perdus ne retrouveront pas leurs parents. Il faut dès la fin de la débâcle organiser l'accueil des orphelins et de ces enfants sans famille. Durant de nombreux mois les journaux ont été remplis d'annonces pour ces familles qui cherchaient leurs proches ou leurs enfants ; la Croix-Rouge française estime à 90 000 le nombre de ces enfants perdus. Le nombre précis de victimes n'est pas connu mais peut être évalué à 100 000 tués sans compter les blessés.
 Le 1er février 1941, le gouvernement établit un bilan de 7 millions de Français ayant pris la fuite et de 1,2 million de Belges, Hollandais et Luxembourgeois. Sur ces 8,2 millions, 972 000 seraient restés en zone occupée à cette date. Les métropoles en zone libre sont donc remplies de réfugiés (appelés par Pétain les « fuyards » en 1941), que viennent rejoindre les démobilisés. Lyon, Marseille et Clermont-Ferrand (devenue le siège de l'université française de Strasbourg), voient leur population exploser d'où des phénomènes de tension.

Aujourd'hui, cela reste le déplacement de populations le plus important de l'histoire européenne - et même probablement de l'histoire mondiale.

Le sort de ces réfugiés français de 1940 et celui des Syriens d'aujourd’hui est-il comparable ?


Comparaison n'est pas raison, mais s'il y en avait une à faire, c'est justement sur ce qu'ils vivent. En 1940, les réfugiés français avaient parcouru 500 kilomètres, avec d'énormes dégâts. Notamment, 90.000 enfants qui ont été perdus sur les routes de France en mai et juin. Alors quand vous voyez les Syriens, qui ont parcouru durant des mois plus de 5000 kilomètres, vous imaginez tous les effets collatéraux ! On a vu cette image d'un enfant mort sur une plage, mais on ne sait pas combien d'enfants ont été abandonnés sur les routes, combien de de viols ou d'abus ont été commis par les populations autochtones...


Réfugiés Espagnols à partir de 1936 accueillis en France

Les premiers mois de cette guerre, de l'été 1936 à décembre de la même année, voient le début d'un exode provisoire dont Bartolomé Bennassar a souligné qu'il incluait également un « exode droitier » en provenance de la Catalogne et de l'Aragon. Plus de 10 000 Basques , républicains ou neutres, quittent le pays pour la France qui cherche alors à les renvoyer ; en Catalogne, ce sont plusieurs milliers de personnes neutres, méfiantes ou hostiles envers les républicains qui partent par bateau vers Marseille ou vers l'Algérie. Celles-ci fuient aussi par les Pyrénées avec l'aide de passeurs. L'ensemble de réfugiés qui atteignent la France et l'Italie depuis la Catalogne est estimé entre 30 000 et 35 000.
L'émigration vers la France connaît un mouvement d'accélération important au cours de la bataille de l'Èbre et dans les mois suivants, dans un mouvement appelé la Retirada (retraite). L'exode des populations en provenance de Catalogne devient massif après la chute de Barcelone le 26 janvier 1939. Le gouvernement Daladier doit ouvrir la frontière le 27 janvier, et les réfugiés affluent à travers les Pyrénées par Le Perthus, Cerbère et Bourg-Madame. En mars 1939, le nombre de réfugiés espagnols en France est estimé à 440 000 personnes dans un rapport officiel. Les historiens ont estimé à 465 000 exilés dont 170 000 civils le nombre de réfugiés après la chute de la Catalogne.
Accueil des réfugiés
En France même, ce sont les départements du Sud-Ouest, à proximité de l'Espagne, qui ont accueilli le plus de réfugiés, avec une forte immigration espagnole dans les villes de Bordeaux et de Toulouse, où résidaient déjà des Espagnols. Les autres départements de la côte Atlantique (notamment la Loire-Inférieure avec les camps de Moisdon-la-Rivière et de Juigné-des-Moutiers) ont également été concernés, ainsi que le Massif central, les Bouches-du-Rhône et la région parisienne.

 L'accueil des arrivants est différent d'un endroit à l'autre : tantôt ils sont bien reçus et font même l'objet d'actions de solidarité (îlots de solidarité trouvant leur source dans l'engagement politique et syndical de gauche ; solidarité intra-espagnole, l'Espagne constituant la troisième source d'immigration française la plus importante avec 250 000 espagnols en 1936), tantôt ils sont regardés avec méfiance voire hostilité dans une France en crise marquée par certaines formes de xénophobie. Selon Bartolomé Bennassar, les vagues d'exilés sont moins bien reçues après 1939.

Les camps français

Ces camps connaissent une évolution dans le temps. Devant le « mascaret humain »  de la Retirada, les autorités françaises, débordées, regroupent d'abord les réfugiés dans des centres de « contrôle » ou de « triage » à la frontière, puis dans des « camps de concentration » (terme officiel de l'époque) ou d' « internement »  situés d'abord dans les Pyrénées-Orientales, à Saint-Cyprien, Argelès-sur-Mer, Le Barcarès, en bordure de mer. Des camps d'internement spécialisés qui regroupent notamment des Basques et des anciens des Brigades internationales (Gurs), des Catalans (Agde, Rivesaltes), des vieillards (Bram), et la division Durruti (Le Vernet) sont créés à l'intérieur des terres en février 1939 dans les départements voisins du Roussillon, pour pallier l'engorgement des infrastructures du littoral et aux conditions sanitaires détériorées.

Parmi les exilés espagnols, la bibliographie omet souvent ceux qui débarquent en Afrique du Nord. Ils sont tout de même dix mille. Anne Charaudeau explique la façon dont ces bannis sont traités dès leur arrivée. D'abord détenus dans des camps, pour cause de potentielle dangerosité, les asilés deviennent très vite une main d'œuvre indispensable en temps de guerre. En Algérie notamment, les exilés devenus captifs sont utilisés sur les chantiers du Transsaharien dès 1939. À cet égard, la mise au travail des réfugiés n'est pas une invention de la France de Vichy qui la généralise. Peter Gaida, doctorant en histoire à l'Université de Brême, expose les conditions de vie des forçats du Transsaharien après 1940 : "Dans les camps du « Transsaharien », les travailleurs forcés sont exposés à un régime brutal, et de nombreux travailleurs succombent à la faim, aux maladies et à la torture, pour être libérés en mai 1943, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord.

Les clivages de la guerre d'Espagne se retrouvent dans les camps et sont exploités par les autorités françaises qui utilisent par exemple les tensions entre anarchistes et communistes pour contrôler ces derniers, comme c'est le cas au Vernet d'Ariège  qui deviendra un camp disciplinaire de prisonniers politiques sous Vichy.


En 1939-1940, beaucoup de républicains demandent à s'engager dans les bataillons étrangers de l'armée française, malgré la méfiance des officiers français envers ces « Rouges », les communistes étant liés à l'Allemagne par le Pacte germano-soviétique. Fin 1941 - 1942, ils sont nombreux à rejoindre la Résistance française, les maquis et les Forces françaises libres. On y trouve aussi le bataillon Gernika, composé de réfugiés basques ressortissants espagnols. La Main-d'œuvre immigrée (Celestino Alfonso, etc.) va occuper une place majeure et accueillera la majorité des communistes espagnols. La ville de Foix a été libérée par les seuls Espagnols.

Les travailleurs espagnols ou résistants républicains arrêtés en territoire français n'ayant pas le statut de prisonniers de guerre,  seront déportés vers divers camps de concentration. Éparpillés dans plusieurs camps (les femmes républicaines arrêtées pour faits de résistance passent ainsi par le camp de concentration de Ravensbrück), ils constituent un groupe important essentiellement dans le complexe de Mauthausen-Gusen, dans lequel plus de 7 200 Espagnols sont enregistrés : sur 7 288, 4 676 auraient trouvé la mort. Au total, 12 000 républicains espagnols seront acheminés vers des camps de concentration ou de travail entre le 6 août 1940, qui marque le premier départ vers Mauthausen, et mai 1945.


https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9fugi%C3%A9s_et_exil%C3%A9s_de_la_guerre_d%27Espagne

Vivant dans le Sud-Ouest de la France, où vivent encore beaucoup d'Espagnols parfaitement intégrés, je ne juge pas, je suis simplement passionnée d'histoire et je me sens bien impuissante devant cela, mais je ne peux pas rester indifférente devant la souffrance quelqu'elle soit.
 J'ai grandi avec leurs enfants ou petits-enfants, j'ai écouté leur témoignages, la vie de leur famille, leur fuite de l'Espagne ou d'Italie, leur arrivée en France, les années passées dans ces camps, et la reconstruction d'une vie dans un autre pays.
J'ai également grandi avec les témoignages de ma famille qui a connu la guerre, ceux d'autres personnes aussi, et comment ça s'était passé pour eux,pour leur famille, et tout ce qu'ils avaient perdu ou laissé sur place: l'exode, la faim, la peur, le rejet, la mort pour certains sur la route.   
Beaucoup ont également choisi de rester dans le sud-ouest pour reconstruire une nouvelle vie, d'autres sont repartis chez eux pour retrouver des ruines.

Face à l'horreur de la guerre, que l'on soit blanc, mat, noir, jaune, chrétien, juif, musulmans, boudhiste, jeune, vieux, homme, femme,  sommes nous vraiment différents? La guerre est atroce pour tout le monde!

5 commentaires:

michele a dit…

Joelle,
As-tu voulu conclure par Face à l'horreur de la guerre, sommes-nous vraiment différents ou sommes-nous vraiment indifférents?
Bises,
Michèle

johala a dit…

Hello Michèle
C'est vrai qu'on pourrait dire les deux! Mais non, j'ai bien voulu dire que face à une guerre, qu'est-ce que ça peut faire que nous soyons, blancs, noirs, religieux ou pas, les bombes elles tombent sur tout le monde, et quand ce n'est pas des bombes, comme ce sera le cas d'ici peut de temps, il y aura quand même en France, avec un conflit au moyen-orient, des conséquences qui pourraient être dramatiques pour certains. Et comme beaucoup de Français ne voient pas beaucoup plus loin que le bout de leur nez, et qu'il ne voient pas que ce qu'il se passe actuellement est trés similaire à ce qui s'est passé à partir de 1932 en Allemagne, on peut s'attendre à des comportement similaires, le bouc émissaire ne sera plus le même, mais certains, racistes, xénophobes, intolérants, tout en se prétendant chrétiens pour certains, pourraient se comporter de façon peu honorable!délation, passage à tabac,meurtres comme on l'a déjà vu hélas!
Tu sais que pour moi, comme pour toi, un humain est un humain, il n'y a pas de vie qui vaut plus qu'une autre, un enfant est un enfant, qu'il soit Européen, Africain, Palestinien, etc, etc... Mais certains ne l'ont pas encore compris, et ça me fait peur!
Je pense que nous nous comprenons!
Bisous

michele a dit…

Oui, nous nous comprenons en effet. Je n'avais pas compris le sens de ta dernière phrase.
Je suis inquiète pour l'avenir de l'humanité. On entend beaucoup trop de propos haineux, xénophobes qui ravivent de bien mauvais souvenirs. Je pense à mes enfants, à mes arrière-petits-enfants, à tous les enfants du monde pour lesquels il faudrait construire un monde de paix, de tolérance, de justice.

Madame B. a dit…

Encore une vidéo, d'Amnesty International cette fois, qu'il nous faut visionner absolument :

https://positivr.fr/hypnose-pays-bas-experience-migrante-refugiee-syrie/

Combattre l'ignorance, c'est déjà faire beaucoup.

Merci pour ces articles <3

johala a dit…

Merci pour ce témoignage terriblement émouvant, mais si éducatif!
Si chacun de nous pouvait faire cette expérience, les gens verraient surement les choses autrement, même si je ne souhaite à personne de vivre l'expérience de la guerre, mais juste un peu plus de copmpréhension, de tolérance et de générosité.
Encore merci!
Bisous